Droit medical – droit et médecine

Après avoir expliqué les doutes liés à la possibilité de refuser des services de santé à un patient en l’absence de mesures de protection individuelle (ici), de nombreux utilisateurs de mon site web me demandent quelle est la sécurité juridique des services de santé fournis en ligne. Avant d’entrer dans le vif du sujet, il convient de rappeler que la sécurité d’une visite en ligne ne dépend pas seulement du domaine médical concerné ou du type de visite, mais aussi de l’expérience du médecin ou de la fiabilité des informations fournies par le patient.

Il est donc extrêmement important d’enregistrer correctement la visite, car je pense que nous aurons une pandémie de réclamations après l’épidémie de coronavirus. C’est pourquoi je publie aujourd’hui des informations sur quatre entrées importantes dans le dossier médical d’une visite en ligne.

“Le patient a été informé qu’il pouvait être hospitalisé et que la clinique [le cabinet] prenait des précautions contre l’infection accidentelle par le SRAS-CoV-2 : mesure de la température à l’entrée, inscription du patient pour une durée déterminée, limitation du nombre de patients admis, mise à disposition de désinfectants, équipement du médecin et du patient en matériel de protection individuelle jetable ” (l’entrée doit énumérer les précautions dont dispose le prestataire de soins de santé).

Cette entrée est importante pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, le patient ne pourra pas dire que le médecin lui a interdit de venir ou l’a découragé de venir pour une visite externe (alors que papa a signalé une douleur thoracique). Deuxièmement, l’entrée prouve que le médecin n’a pas surestimé la possibilité de visites en ligne. Troisièmement, la documentation confirmera les mesures de prévention des infections en place, ce qui sera important si le patient est infecté par le SRAS-CoV-2 après une visite à l’hôpital. Quatrièmement, le patient ne pourra pas prétendre légitimement que la visite lui a fait courir un risque élevé. Cette entrée est importante pour plusieurs raisons.

“Le patient a été informé des limites liées à la visite en ligne, notamment de l’impossibilité de réaliser un examen physique et de vérifier les symptômes signalés.” – il s’agit d’une entrée nécessaire pour faire comprendre au patient qu’une visite en ligne n’est pas équivalente à une visite en milieu hospitalier (ambulatoire). Malheureusement, l’expérience montre que la confiance dans les technologies modernes est souvent plus grande que les capacités réelles de ces technologies.

” Le patient a été informé des symptômes pouvant indiquer la présence du SRAS-CoV-2, en particulier la présence d’une température corporelle supérieure à 380C, de frissons, de toux, de dyspnée, de diarrhée et de maux de gorge. Le patient a été informé que, dans une telle situation, le poste sanitaire-épidémiologique local devait être immédiatement prévenu ou que le patient devait être transporté par ses propres moyens dans le service des maladies infectieuses”, une alerte qui est avant tout éducative et qui vise à faire prendre conscience au patient de la conduite à tenir en cas de suspicion de COVID-19. L’alerte permet également d’exclure d’éventuelles plaintes pour mauvaise orientation du patient et violation de son droit à l’information.

“En raison de la nature des symptômes signalés, il a été conseillé au patient de se rendre d’urgence à un rendez-vous en milieu hospitalier ou aux urgences les plus proches. Certaines des causes des plaintes signalées peuvent présenter un risque pour la vie ou la santé du patient”. – Cette entrée est extrêmement importante, car elle indique la nécessité d’étendre le diagnostic. En effet, dans de nombreuses situations, ne pas identifier la cause de certaines plaintes peut s’avérer dangereux pour le patient (par exemple, une douleur abdominale peut être liée à une suralimentation, mais peut aussi être le symptôme d’un infarctus du myocarde ou d’une appendicite).